Simon Pradinas nous explique sa démarche pour concevoir l’exposition qu’il nous proposera au Théâtre de l’Union.
« À partir du travail d’affiches et d’illustrations que j’ai fait pour le Théâtre de l’Union, j’ai développé une famille de personnages-logos à l’esthétique un peu « fil de fer ». Cette exposition est pour moi l’occasion de faire sortir ces personnages de leur cadre, de les développer sur d’autres supports que le papier. Ainsi, j’ai eu envie de donner un corps au personnage principal puis de lui trouver une femme. C’est ce qui m’a amené à en faire des sculptures grand format avec le concours d’Alain Pinochet, chef de l’atelier construction à l’Union.
Mais aussi une multitude de petits personnages en fil de fer que je présenterai sur des socles ou dans une vitrine. Cela m’a permis de les visualiser en trois dimensions, de leur donner une nouvelle vie tout en utilisant le principe le plus basique de la sculpture : tordre un fil de fer. J’ai par ailleurs voulu les mettre en images à travers des courts films d’une minute, série intitulée les Minimum movies.
Pour les tableaux, je suis également parti des illustrations faites pour le journal du théâtre et je me suis demandé comment ils pouvaient se transformer en peintures grand format. J’ai divisé ma toile en cases, qui chacune propose une histoire dont la lecture est toujours multiple. On ne comprend jamais tout à fait ce qui s’y passe, le sens en reste ouvert, même pour moi. Mes personnages y croisent des éléments basiques : le soleil, la lune, la ville, l’eau, les arbres.
J’essaye d’utiliser des moyens minimalistes et des formes simples, dont tout le monde pourrait se servir, pour créer un univers qui ait une vraie force intérieure. Même dans un tout petit cadre, on peut imaginer une statue de deux mètres de haut, il faut pour cela l’investir de toute l’énergie que nous donne l’imaginaire.
La peinture reste pour moi essentielle. J’ai besoin du fait-main, du mélange, d’étaler la peinture avec mes doigts, cet acte physique me parle. Pas question donc de se passer de la magie de la peinture, mais il est vital qu’elle intègre le nouveau regard que nous portons sur les images vu la multiplicité des supports par lesquels elles nous parviennent.
Le travail que j’ai fait à Limoges, tant scénographique dans certains spectacles que d’illustration et d’affiche, a fait évoluer mon mode d’expression. C’est de cette évolution dont je veux rendre compte ici. Une autre partie de l’exposition sera consacrée à une série de gouaches grand format que j’ai peintes lors de mon dernier séjour en Chine cet été, et pour laquelle j’ai fait imprimer un catalogue. »